
À votre droite, cherchez une large façade en pierre claire avec de hautes fenêtres régulièrement espacées et une entrée centrale solennelle, le visage austère de l'ancien Palais Saint-Pierre.
Ce lieu est l'un des grands actes de réinvention de Lyon. Ce qui a commencé comme l'Abbaye de Saint-Pierre-les-Nonnains, un couvent bénédictin coupé de la ville, est devenu le Musée des Beaux-Arts, l'un des principaux musées municipaux de France. Si vous cherchez un bâtiment qui explique comment Lyon réutilise son héritage au lieu de le jeter... eh bien, le voilà, emballé dans la pierre.
En dix-sept cent quatre-vingt-douze, la Révolution française a mis fin à la vie monastique ici. Les religieuses bénédictines ont dû partir. L'abbaye a échappé à la vente ou à la destruction en partie parce qu'elle se situait si près de l'Hôtel de Ville, ce qui rendait le complexe trop utile pour être perdu. Cet instinct pratique compte à Lyon. Cette ville a l'habitude de regarder un vieux bâtiment et de dire, plus ou moins: « Belle structure... que peut-on en faire d'autre? »
Un musée avait déjà été imaginé par les élites lyonnaises, mais la Révolution a donné à l'idée un nouvel objectif. L'art saisi dans les églises et chez les familles nobles pouvait désormais éduquer le public. Le musée fut officiellement fondé en dix-huit cent un et ouvert en dix-huit cent trois. Au début, il ne visait pas simplement à ravir les yeux. Il avait une mission. L'industrie de la soie à Lyon dépendait de designers qualifiés, donc la ville voulait des peintres, des fleurs, des ornements, des couleurs, des modèles à étudier. L'art ici aidait à former le commerce. C'est très lyonnais aussi: la beauté avec les manches retroussées.
Le visage humain dont je me souviendrais est François Artaud, nommé conservateur en dix-huit cent six. Il n'était pas seulement un gardien; il était un trieur de civilisation. Sous les arcades du cloître, il a rassemblé des inscriptions, des bronzes et des mosaïques qui parlaient de la Lyon romaine, la Lugdunum que nous avons rencontrée sur Fourvière. En dix-huit cent onze, il a également créé le Salon des Fleurs, une galerie florale destinée à former les dessinateurs en soie. Tous les musées ne commencent pas par aider les gens à mieux dessiner des bouquets pour le tissu, mais celui-ci l'a fait.
Au fil du temps, le lieu a continué à changer de rôle. L'ancienne abbaye est devenue ce que vous pourriez appeler une ville-musée: galeries de peinture en haut, antiquités et arts décoratifs en bas, sculptures dans la chapelle, et un jardin paisible dans l'ancien cloître en son cœur. Les directeurs et architectes suivants ont continué à le remodeler. René Dardel a redessiné des parties du palais dans les années dix-huit cent trente. Abraham Hirsch a ajouté la grande nouvelle aile et l'escalier dans les années dix-huit cent quatre-vingts. Dans les années mille neuf cent quatre-vingt-dix, Jean-Philippe Dubois et Jean-Michel Wilmotte ont mené une rénovation majeure qui a rouvert le musée avec beaucoup plus d'espace et une disposition plus claire.
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À l'intérieur, la collection s'étend sur des siècles et des continents: peinture de la Renaissance vénitienne, maîtres français, impressionnistes, antiquités égyptiennes, art islamique, monnaies, dessins, sculptures. Un achat audacieux en mille neuf cent un a permis d'acquérir La Guitariste de Renoir, et en mille neuf cent treize, le musée a acquis Nave Nave Mahana de Gauguin, la première peinture de Gauguin à entrer dans un musée français. Si vous jetez un œil à votre écran, les danseuses de Degas vous donnent un bel aperçu de cette ambition.
Une vue de 1910 sur la Place des Terreaux avec le musée à gauche et la fontaine de Bartholdi à proximité, montrant le monument dans son cadre urbain.





