Pour reconnaître le Musée national d'art décoratif, cherchez un imposant palais de style néoclassique français, tout en pierre claire, avec de grandes fenêtres, une façade ornée et perché derrière des arbres élégants juste en face de vous sur l’avenue.
Imaginez-vous, devant ce bâtiment splendide, avec ses colonnes majestueuses et ses statues qui semblent presque vous surveiller. Le musée fut autrefois le palais de Matías Errázuriz Ortúzar, un ambassadeur chilien, et de sa femme Josefina de Alvear, deux amoureux de l’art qui voyagèrent à travers l’Europe du début du XXe siècle au son des robes qui froissent et des roues de calèches sur les pavés. Entre 1911 et 1917, ils firent construire cette merveille par l’architecte René Sergent, en important le meilleur du style français.
Mais attendez… il y a un rebondissement digne d’un roman! En 1937, l’État argentin s’empare du palais et de la fabuleuse collection du couple : meubles somptueux, vaisselle précieuse, miniatures secrètes, porcelaines venant de Sèvres à Limoges… et, bien sûr, les tableaux de Manet, El Greco et même de Cranach! Ici, chaque miroir a sans doute entendu quelques secrets mondains, chaque couloir sent encore le parfum discret de soirées fastueuses.
Et ce n’est pas tout! Aujourd’hui, le musée expose aussi une collection permanente de sculptures signées Rodin ou Bourdelle, des tapisseries aux couleurs vives tissées entre le XVe et le XVIIIe siècle, et des expositions temporaires qui font dialoguer le passé avec la créativité contemporaine.
Alors, prêts à découvrir la vie d’un autre siècle? Entrez, et laissez-vous emporter par l’élégance… mais attention où vous posez les pieds : on raconte que certains meubles ont la mauvaise habitude de bouger tout seuls pendant la nuit!


