Devant vous, vous ne pouvez pas manquer l’imposante façade beige du musée avec ses gigantesques colonnes corinthiennes et ses statues en pierre, visible juste derrière la grille et entourée de plantes - levez les yeux, c’est juste là!
Bienvenue devant le Musée national des arts décoratifs, véritable palais sorti tout droit de l’imagination d’un architecte français et du rêve d’un couple argentin... mais pas n’importe quel couple! Imaginez, en 1897, Matías Errazúriz, héritier chilien devenu ambassadeur en France, et Josefina de Alvear, petite-fille d’un héros de l’indépendance argentine, unissent leurs destins - et leurs fortunes! Ils veulent une retraite digne des rois pour Matías, alors ils font appel à René Sergent, architecte de génie déjà connu à Paris. On leur construit ce chef-d’œuvre, pur joyau néoclassique, entre 1911 et 1917 malgré la Première Guerre mondiale qui retarde un peu le projet.
Pour décorer ce palais, seule la crème de la crème des artisans européens est engagée! Des panneaux en bois venus du continent, des marbres de France et d’Italie, des miroirs, des cadres somptueux. Chaque pièce est pensée pour épater la galerie - et vous pouvez parier que le nombre de banquets et de bals organisés ici faisait tourner la tête à toute la haute société! Mais en 1935, quand Josefina meurt, Matías - un rien débordé devant tous ces souvenirs - lègue la maison à l’État argentin, sur conseil de ses enfants, en se disant qu’après tout, autant partager un peu la magie.
Cœur battant du palais, la Grande Salle impressionne par sa hauteur double et son parquet étoilé en érable et noyer - imaginez les échos lors des réceptions, des rires rebondissant sous les caissons et les lustres en cristal! On passait ensuite dans la salle de bal, gracieuse, raffinée, toute de courbes rococo et de jeux de miroirs dorés; là, la lumière semble danser, plus légère que les valses entonnées lors de soirées inoubliables.
Mais ce musée, c’est aussi un labyrinthe de salons magiques! Salle à manger baroque inspirée directement du palais de Versailles, jardins signés Achille Duchêne, salon d’hiver tout en subtilité, pièces privées luxueuses, boudoir Art Déco décoré par Josep Maria Sert… Chacune vous transporte vers une époque différente, entre souvenirs de Marie-Antoinette et inspirations Orientales dans le bureau du maître de maison. Attention à ne pas vous perdre: même les escaliers en fausse pierre de Paris, la galerie des tapisseries françaises et flamandes, tout semble prêt à vous jouer des tours!
La collection rassemble plus de 4 000 œuvres d’art: El Greco, Fragonard, Manet, Rodin, sculptures, porcelaines, vases chinois, meubles du XVIIIe siècle, et la plus importante collection américaine de miniatures! Imaginez la tension, à chaque livraison d’un trésor venu d’Europe, si un vase Qianlong décidait de jouer les acrobates! Pas de panique, tout est bien protégé aujourd’hui… Mais les objets semblent encore murmurer leurs histoires aux oreilles attentives.
En plus, depuis 1944, l’Académie argentine des lettres siège ici… On ne rigole pas avec la culture! Pour vous récompenser après tant de découvertes, allez faire un tour au Café Croque Madame dans les jardins, parfait pour se prendre au jeu des grandes dames et des diplomates. Qui sait, peut-être entendrez-vous les fantômes des anciens propriétaires trinquer à votre santé, ou alors, ce n’est que le vent dans les feuilles…
Voilà un musée-palais qui mêle rires, secrets, fêtes étincelantes et un soupçon de mystère dans chaque recoin. Avant d’entrer, respirez profondément, ouvrez grand les yeux… Prêt(e) à pousser la porte des siècles passés?



