Regardez devant vous: vous verrez le symbole de l’Académie argentine des lettres comme sur l’image, une colonne ionique droite, entourée des mots « Recta Sustenta », signe qu’ici, le langage tient bien debout - ou du moins se tient à carreau!
Imaginez-vous à Buenos Aires en 1931, un été où la langue espagnole a décidé de sortir ses plus beaux atours. C’est dans cette ambiance entre érudition et tango que naît l’Académie argentine des lettres, portée par une poignée de passionnés prêts à défendre les subtilités du castillan comme d’autres défendent leur équipe de foot, à coups d’arguments, parfois en vers… et jamais à court de débats! Mais attention, ici, on ne fait pas que collectionner des mots étranges comme « chamuyo » ou « quilombo »! Non, la mission est sérieuse: conseiller sur la manière dont on utilise l’espagnol à la sauce argentine, mais aussi étoffer la richesse de la littérature nationale - comme une milanesa bien garnie, on n’en a jamais trop.
Mais, attendez! Reculons un peu. Dès le XIXe siècle, les érudits de Buenos Aires se rendent bien compte qu’il leur faut capturer cette avalanche de mots nouveaux qui surgissent sur les rives du Río de la Plata. On tente de faire un dictionnaire local, on réunit des listes de mots colorés entendus dans les rues et sur les routes poussiéreuses… mais la tâche s’annonce titanesque et, à force de débats et de petites rivalités, la première tentative tombe à l’eau. Des milliers de mots collectés finissent dans des tiroirs - preuve que la paperasse n’est pas née hier!
Finalement, en 1931, sous un président bien décidé à laisser sa marque, naît la véritable Académie. Mais pas question d’être juste la cousine lointaine de la prestigieuse Real Academia Española à Madrid! Ici, on veut que les écrivains, poètes, dramaturges et traducteurs fassent briller l’âme argentine, et aussi que chaque fauteuil porte le nom d’un grand auteur du pays. Je me demande si on peut négocier un fauteuil « Gardel » pour les phrases bien chantantes…
La bibliothèque, parlons-en! Elle porte fièrement le nom de Jorge Luis Borges et déborde aujourd’hui de plus de 130 000 volumes : de la littérature à la linguistique en passant par la poésie, le théâtre, sans oublier des trésors d’égyptologie et d’incroyables éditions rares du XIXe siècle. On dit qu’ici, plonger dans les rayons, c’est un peu comme partir en expédition chez Indiana Jones… mais avec plus de grammaire!
L’Académie joue aussi le rôle d’arbitre: elle veille à ce que les publicités, la presse ou les discours officiels n’inventent pas de barbarismes trop farfelus. Écrire « zapato » avec deux p, c’est non! Mais, on récompense aussi! Chaque année, des prix sont décernés aux jeunes diplômés et aux auteurs brillants de l’univers argentin, en prose comme en poésie.
À travers les décennies, malgré les tempêtes politiques, la dictature de 1955 qui a vidé les rangs, puis le retour au calme, l’Académie s’accroche. Son emblème? Cette colonne droite, auréolée de son soleil littéraire comme vous la voyez devant vous - symbole d’une langue qui ne se laisse pas chahuter, mais reste bien droite dans ses bottes.
Rappelez-vous, même les plus grands se sont disputés sur la meilleure façon de parler argentin, mais à la fin, tous sont d’accord sur une chose : la langue, ça se chérit, ça se débat, et parfois… ça se réinvente! Bon, dites-moi, vous, vous dites « vos » ou « tú »?
Désireux d’en savoir plus sur les FINS, le Prix ou la Bibliothèque « Jorge Luis Borges »? Déposez simplement vos demandes dans la section de chat et je vous fournirai les détails dont vous avez besoin.



