
Devant vous se dresse une façade asymétrique aux murs clairs dominée par un immense arc pointu en terre cuite rouge qui encadre la porte d'entrée en bois massif.
Bienvenue à la Collégiale des Saints Pierre et Ours. Une collégiale, c'est une église confiée à un collège de chanoines, des prêtres qui vivent et prient en communauté. Avant que des chants ne résonnent ici, cet endroit était incroyablement silencieux. Les fouilles archéologiques ont révélé qu'il s'agissait d'une vaste nécropole, un cimetière situé en dehors des murs de la ville romaine.
L'histoire de ce bâtiment est une suite fascinante d'ajouts et de transformations au fil des siècles. Au onzième siècle, l'évêque Anselme a donné à l'église sa forme romane divisée en trois nefs.
Mais ce qui attire vraiment le regard dans ce quartier, c'est cet imposant clocher roman situé sur la place. Il culmine à quarante-quatre mètres de haut. Il n'a pas toujours été un simple support pour les cloches. Au douzième siècle, sa base faite d'énormes blocs de pierre carrés servait de refuge défensif en cas de danger. À l'intérieur, un lourd châssis en bois soutient douze cloches. La plus grande a été fondue en France en mille-cinq-cent-quatre-vingt-neuf et pèse plus de deux-mille-sept-cents kilos, soit presque la moitié du poids de l'ancienne cloche majeure du Vatican. Elle sonne en Si, selon une technique appelée à retrò lancé. Cela signifie que la cloche ne fait qu'un demi-tour sur elle-même pendant que son battant vole librement à l'intérieur pour la frapper.
Revenons un instant sur la façade qui se trouve devant vous. Avez-vous remarqué qu'elle semble presque pencher vers le nord? C'est parce qu'elle a littéralement englobé les restes d'un clocher plus ancien lors de travaux d'agrandissement. Si vous jetez un coup d'œil à votre écran, vous pourrez observer de plus près ce portail de style gothique tardif, et notamment cette haute structure décorative triangulaire au-dessus de la porte que l'on appelle une ghimberga.

Il y a un autre trésor très particulier juste à côté, le cloître. Construit vers mille-cent-trente-trois, c'est un très beau modèle de l'art roman. Vous pouvez en voir un aperçu sur votre application. Ses petites colonnes soutiennent des arcs arrondis et préservent trente-sept chapiteaux d'origine. Ces chapiteaux, les pierres sculptées au sommet des colonnes, étaient autrefois en marbre blanc éclatant. Pour les protéger de l'humidité, les bâtisseurs les ont recouverts d'un curieux mélange de colle transparente et de cendres. Malheureusement, ce mélange s'est oxydé au fil des années et a noirci la pierre de façon permanente.

C'est à la fin du quinzième siècle que le prieur Giorgio di Challant a donné à l'ensemble son allure actuelle, en remplaçant l'ancienne charpente en bois par des voûtes en pierre. Et c'est justement grâce à ce plafond plus bas qu'un secret a été préservé... Dans l'espace sombre et étroit entre les nouvelles voûtes et le vieux toit de l'église, des fresques exceptionnelles du onzième siècle sont restées intactes, doucement cachées dans l'obscurité pendant des centaines d'années.
Cet endroit remarquable est ouvert tous les jours de neuf heures à dix-huit heures si vous souhaitez en explorer les intérieurs.
Prenez tout le temps qu'il vous faut pour admirer cette magnifique entrée, avant de rejoindre les anciennes geôles de la ville.



