
Vous vous trouvez maintenant devant la Bibliothèque régionale d’Aoste, que vous reconnaîtrez immédiatement à sa vaste structure moderne en verre couronnée d'une impressionnante voûte géométrique en métal blanc.
C'est un endroit qui a une belle histoire à nous raconter. Pendant très longtemps, la Vallée d'Aoste possédait de magnifiques petits fonds de livres. Ces collections regorgeaient de vieux manuscrits précieux, mais elles étaient réservées à des professions spécifiques. Il n'y avait absolument rien pour la simple lecture de loisir.
Dès mille huit cent quarante-six, un chanoine, c'est-à-dire un prêtre attaché à une église particulière, nommé Félix Orsières, avait plaidé pour l'ouverture d'un espace de lecture publique. Mais il a fallu attendre un siècle de plus pour qu'un autre homme passionné reprenne le flambeau. Il s'agissait de Jules Brocherel, un ethnographe. Un ethnographe est un chercheur qui étudie de près les coutumes, les traditions et la vie quotidienne des peuples. Brocherel était frustré par le manque de textes en langue française dans les petites collections existantes, car cela empêchait d'étudier sérieusement la culture locale. Il a donc fait quelque chose de merveilleux. Il a offert sa propre collection de livres pour convaincre la ville et la région d'unir leurs forces.
Son vœu a finalement été exaucé juste après la Seconde Guerre mondiale, et il en est même devenu le premier directeur. Depuis, la collection a grandi d'une manière extraordinaire. Elle rassemble aujourd'hui des centaines de milliers de documents, incluant de vastes fonds dédiés à l'alpinisme, la pratique passionnante de l'ascension des hautes montagnes.
Le bâtiment que vous regardez a été inauguré en mille neuf cent quatre-vingt-seize. L'architecte Gianni Debernardi a imaginé cette merveilleuse alliance entre le passé et le présent. La structure de verre ultra-moderne a été construite directement sur un site de grand intérêt archéologique. Mieux encore, une partie de la bibliothèque intègre l'ancien hospice de charité. Si vous allez dans la salle de conférence, située dans l'ancienne chapelle de l'hospice, vous verrez encore les fresques sacrées d'origine peintes sur la voûte. C'est un contraste absolument fascinant... la lumière d'aujourd'hui éclairant les croyances d'hier.
L'institution porte désormais le nom de Bruno Salvadori, un journaliste et homme politique local très respecté. Et tout y est pensé pour le confort moderne. Les livres sont même équipés de puces RFID, de petites étiquettes électroniques qui communiquent par ondes radio pour faciliter l'emprunt et le tri automatique des ouvrages.
La bibliothèque vous accueille avec joie du mardi au samedi de neuf heures à dix-neuf heures, ainsi que le lundi après-midi, bien qu'elle ferme ses portes le dimanche. Prenez le temps d'admirer ce beau mariage entre le verre moderne et la pierre ancienne avant de poursuivre la balade.



