
À votre gauche s'élève un imposant édifice en pierre calcaire dorée, reconnaissable à son vaste porche monumental à trois arcades et au surprenant dôme à la silhouette galbée qui culmine à l'arrière. C'est la basilique collégiale Notre-Dame de Beaune, l'une des dernières grandes églises romanes de Bourgogne.
Mais toute cette majesté de pierre est née d'un profond chagrin. Au douzième siècle, la duchesse Mathilde de Turenne, dévastée par la mort de son père parti combattre en Orient, aurait impulsé la construction de ce sanctuaire vers 1130 pour y abriter une mystérieuse Vierge noire offerte en son hommage. C'est fascinant de penser que cette architecture colossale a d'abord été le refuge d'une peine intime, un lieu où la souffrance d'une femme s'est transformée en un sanctuaire pour toute la région.
Regardez bien les parties hautes du chevet, cette extrémité arrondie à l'arrière de l'église. Essayez de repérer l'endroit précis où la robustesse originelle de l'architecture romane aux petites fenêtres cède soudainement la place à d'immenses verrières gothiques, conçues pour laisser entrer une lumière éblouissante. Cette cicatrice architecturale raconte une terrible tragédie. En 1272, un incendie dévastateur a ravagé l'édifice. Plutôt que de simplement colmater, les bâtisseurs ont fait le choix audacieux d'élever les murs et d'ajouter ces arches extérieures imposantes, appelées arcs-boutants, pour consolider la structure. Regardez sur votre écran pour voir à quoi ressemble ce chevet transformé par le feu et la détermination humaine. La basilique s'est relevée plus lumineuse et plus forte.

À l'intérieur de ces murs protecteurs, la fameuse Vierge noire rapportée d'Orient repose toujours. Si vous regardez l'application, vous découvrirez la nef majestueuse et ses voûtes en berceau brisé, ce plafond voûté en arc pointu qui a résonné des prières d'un peuple entier. La statue, avec ses traits orientaux contrastant étrangement avec l'Enfant Jésus aux traits occidentaux, fascinait autrefois les Templiers. Mais surtout, elle est devenue le bouclier des Beaunois. Pendant des siècles, face aux épidémies de peste, les habitants ne s'enfuyaient pas. Ils sortaient cette statue vénérée dans les rues, opposant une solidarité inébranlable au désastre imminent.

Pourtant, la survie de la basilique n'a pas seulement été menacée par les éléments et la maladie. Le vandalisme a d'abord frappé de l'intérieur. En 1784, l'abbé Béguin, méprisant l'art gothique, a fait retirer de majestueux ornements historiques simplement parce qu'il les jugeait démodés. Puis, la Révolution française a détruit la statuaire et profané le tombeau même de la duchesse Mathilde. Enfin, au dix-neuvième siècle, l'architecte Maurice Ouradou a détruit les huit arcs-boutants originaux pour imposer sa propre vision romancée du Moyen Âge, une restauration aux conséquences irréversibles.
Mais malgré les flammes, l'ignorance et les bouleversements idéologiques, l'édifice est toujours debout, portant fièrement son impressionnant toit à l'impériale conçu par Hugues Sambin à la Renaissance. En quittant cette architecture religieuse grandiose qui a refusé de disparaître, nous allons maintenant découvrir l'intimité de l'architecture domestique voisine qui a, elle aussi, survécu au temps. La Maison du Colombier nous attend, à une petite minute de marche. Et si vous souhaitez explorer l'intérieur de la basilique plus tard, sachez qu'elle est ouverte au public tous les jours de huit heures à dix-huit heures.



