Regardez droit devant vous: l’Ancien pont de Cotonou se dévoile comme une longue passerelle basse en métal, posée tout près de l’eau, avec ses reflets dorés qui dansent sur la lagune.
Imaginez-vous en 1928, le son du métal frappé résonne dans l’air, les ouvriers suent sous le soleil, le canal Kouta les sépare encore… et soudain, l’Ancien pont apparaît et relie pour la toute première fois les deux rives de Cotonou! Ce pont, le tout premier de la ville, c’est un peu le grand-père grincheux mais solide des ponts de Cotonou… On l’appelle d’ailleurs “l’ancien”. Il est tout près de l’océan, là où la ville s’ouvrait sur le port et les usines. À l’époque, le quartier d’Akpakpa ressemblait à un village isolé, coincé derrière l’eau; sans ce pont, pas de pain, pas de piment! Les camions, les vélos, les piétons, tout le monde s’y pressait, parfois tellement que le pont semblait grincer d’effort. En 1970, imaginez plus de 2 000 voitures et des centaines de cyclistes, comme à l’heure de pointe aujourd’hui, mais sans klaxons modernes. Et les motos? En 1995, elles régnaient: 67 % des véhicules qui passaient, c’étaient des deux-roues! Mais ce vieux pont a connu quelques frayeurs… En 2018, tout Cotonou s’inquiète à cause de ses vieux os abîmés par le sel et la mer. Heureusement, le gouvernement a promis de le soigner, pour qu’il continue d’être le gardien de la lagune. Alors, prêt à lui dire bonjour? Mais attention, pas de saut sur place, il faut le ménager!


