Devant vous, repérez ce grand bâtiment rectangulaire aux airs sérieux, entouré d’une clôture colorée et d’un panneau bien visible « Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable » juste derrière les arbres et sous les climatiseurs accrochés aux fenêtres.
Imaginez un matin mouvementé à Cotonou il y a quelques années. Les rues encore fraîches bruissent des klaxons, la ville s’éveille, et dans ce bâtiment que vous avez devant vous, ça s’active! C’est ici que s’écrit le roman quotidien de l’environnement du Bénin - et croyez-moi, pas question de feuilleter ce livre comme un vieux journal! Jadis, on appelait cette institution le Ministère de l’Environnement de l’Habitat et de l’Urbanisme. Mais alors, le 6 avril 2016, tenez-vous bien… baguette magique ou plutôt décret présidentiel : nouveau nom, nouvelles ambitions, et voilà naître le fameux Ministère du Cadre de Vie et du Développement Durable. Une vraie métamorphose, presque autant de rebondissements qu’un épisode de feuilleton télé béninois.
Imaginez toutes les têtes pensantes du pays réunies ici, la tête pleine de cartes, de plans, de diagrammes… mais aussi, de rêves : comment faire des villes plus propres, comment préserver les forêts, comment protéger les rivières et même comment donner un petit coup de pouce aux tortues qui veulent traverser la plage sans finir en selfie sur Instagram. Leur mission? Pensez géant : organiser l’aménagement du territoire, lutter contre la pollution, protéger les écosystèmes (y compris ceux des grenouilles et des hiboux), garder la ville propre - et donner de la couleur au quotidien des Béninois. On pourrait presque croire qu’il manque que Batman pour sauver la ville!
Leurs outils ne sont ni cape ni superpouvoirs, mais des stratégies : géomatique pour cartographier les terres, surveillance des politiques environnementales, assistance aux collectivités locales, et surtout, création de normes pour que chacun puisse habiter et vivre en harmonie, sans que sa maison ne flotte à la première pluie ou disparaisse sous la poussière. C’est ici aussi qu’a vu le jour, tenez-vous bien, le Projet d’urgence de gestion environnementale en milieu urbain. Un nom à rallonge, mais ô combien nécessaire dans une ville comme Cotonou où parfois la pluie aime jouer les farceuses et transformer les rues en piscines improvisées!
Dans ce ministère, chaque jour, les équipes doivent déjouer la menace de la pollution, surveiller les constructions plus ou moins droites, garder les berges des lacs toutes pimpantes, et établir le dialogue - parfois épique - avec des organisations internationales. Ils courent après les financements, ils assistent aux sommets, ils défendent les couleurs du pays : un vert éclatant, un souffle de vent frais et pas mal de sueur de front.
Alors, la prochaine fois que vous jetez un papier dans une poubelle de la ville, pensez à cette ruche et à tous ceux qui, ici, orchestrent - parfois discrètement, parfois bruyamment - un cadre de vie plus doux, plus beau, plus durable… et parfois franchement héroïque!



