
Sur votre gauche s'élève une église en pierre massive dominée par un clocher carré à flèche élancée, dont l'entrée est marquée par un remarquable porche triangulaire en bois. Examinez l'image sur votre écran pour détailler cette charpente du quinzième siècle. Vous y verrez des chimères et des poutres engoulées, c'est-à-dire des pièces de bois dont l'extrémité est sculptée en forme de mâchoire monstrueuse avalant la structure, un détail fascinant qui rappelle le célèbre Hôtel-Dieu de Beaune.

Sous ce porche imposant se cache un tympan monolithique, un grand panneau sculpté dans un seul bloc de pierre datant du treizième siècle. Il raconte comment saint Nicolas a sauvé trois jeunes filles de la misère absolue. Leur père, ruiné, s'apprêtait à les livrer à la prostitution pour survivre, mais le saint jeta secrètement des bourses pleines de pièces d'or par leur fenêtre durant trois nuits consécutives.
À l'intérieur, l'église abrite une curiosité musicale surprenante. Son orgue, construit en 1897 par Jean-Baptiste Ghys, n'a pas été conçu pour un lieu de culte catholique. Il a d'abord résonné pendant près d'un siècle dans un temple protestant à Dijon avant d'être transféré ici en 1996.
Ce lieu a traversé les épreuves du temps, survivant même à un coup de foudre spectaculaire en 1985 qui a fracassé sa flèche en tuf, une roche calcaire très poreuse, nécessitant trois années de restauration. Mais les pierres ne sont pas les seules à avoir dû surmonter l'adversité.
Au dix-neuvième siècle, le curé de cette paroisse, l'abbé Victor Chocarne, était rongé par le désespoir. Face à l'inconcevable indifférence de ses paroissiens, il cherchait sans relâche un moyen de raviver leur foi. Avec l'aide d'une fidèle, Marguerite de Blic, il a organisé un acte de ralliement sans précédent en devenant l'instigateur du premier pèlerinage d'ampleur nationale à Lourdes en 1872.
Une anecdote stupéfiante a suivi. En septembre 1873, alors qu'il se trouvait de nouveau à Lourdes, un pèlerin inconnu l'a accosté pour lui parler d'une statue miraculeuse de l'Enfant Jésus. À la grande stupeur de l'abbé, cet étranger lui a révélé que ce Petit Roi de Grâce était vénéré au Carmel de Beaune, situé sur sa propre paroisse. Ignorant jusqu'alors cette dévotion locale, l'abbé Chocarne est rentré chez lui transformé. Il a ardemment promu ce culte et a même aménagé une fausse grotte dans le transept sud de l'église, abritant un véritable morceau du rocher des apparitions de Lourdes. L'abbé a refusé de céder au déclin, prouvant qu'une communauté peut toujours puiser dans ses propres racines pour retrouver son étincelle.



